RetroGaming - Ikaruga
Par Thomas ICHE, dimanche 14 mars 2010 à 21:29 :: Jeux Vidéo :: #30 :: rss
Il y a des jeux comme ça qui restent dans les annales, des jeux qui ont fait leur renommée à travers des dizaines d'années et des millions de fans. Mais il y a aussi de petites perles rares dans les jeux de niches qui ont fait l'unanimité, sont devenus des légendes et qui perdurent même aujourd'hui sur nos consoles next-gen. Aujourd'hui on va regarder du côté des shoot-em-up avec un OVNI du genre, considéré (à juste titre) par la plèbe des connoisseurs comme un titre légendaire à la difficulté inégalée dans son genre.... j'ai nommé le cultissime Ikaruga.

Sorti en 2001 sur bornes d'arcade, puis en 2002 sur Sega Dreamcast, Ikaruga est un shmup développé par Treasure, auteur du non moins célèbre Radiant Silvergun, monument du shooter sorti précédemment sur Sega Saturn. Ikaruga se présente sous le nom de code Project RS-2, pour être plus clair Radiant Silvergun 2. Il s'agit d'une suite directe du premier opus, mais Treasure a opté cette fois pour un concept bien plus puzzle que son prédécesseur. Ikaruga est un shooter à scrolling vertical dans lequel entre en jeu le concept de bipolarité. Pour faire simple: votre vaisseau peut à tout moment changer de polarité: noir/blanc, yin/yang, appelez le comme vous le voulez. Cet alternance entre ces deux extrêmes induit un certain nombre de règles:
La première est que tout ennemi vous tirant dessus des bullets d'une polarité vous expose à la mort si vous êtes de la polarité inverse. Mais si vous collisionnez avec une bullet de votre polarité, alors celle ci est assimilée et contribue à une jauge de super-attaque.
Deuxièmement, si vous tirez sur un ennemi de la même polarité que vous, vos dommages seront divisés par deux par rapport à un tir de polarité opposée sur un ennemi. Donc, pour être efficace, il vaut mieux tirer en noir sur des ennemis en blanc, et inversement.
Troisièmement, lorsque vous dégommez vos ennemis, une jauge de combo ("Chain") se remplit. Cette jauge a trois slots et pour passer un niveau de combo, il vous faut avoir tué successivement trois ennemis de même polarité. A mesure que vous dégommez en réussissant vos combos, les points générés par un combo augmentent selon la règle 2^N, à savoir 1000, 2000, 4000, 8000, .... et ainsi de suite jusqu'à 256000. Donc, pour scorer, il va falloir faire preuve d'attention et de stratégie en organisant bien l'ordre dans lequel vous allez shooter vos ennemis.
Enfin, selon le niveau de difficulté, vos ennemis répliqueront différemment. En mode easy, la destruction d'un ennemi n'engendre rien. Par contre, en mode normal, les ennemis de la même polarité que vous libèreront une quinzaine (voir plus) de bullets de votre polarité lorsqu'ils exploseront. Et en hard mode, tous les ennemis libèrent des bullets de leur polarités respectives lorsqu'ils sont détruits. Ainsi, plus on monte en difficulté, plus le jeu ressemble à un casse tête où il faut slalomer pour survivre et attendre le moment opportun pour changer de polarité.

Si ça ne tenait qu'à celà, Ikaruga serait déjà un gros challenge, mais pour tenir sa réputation de légende de la difficulté, il faudra compter sur des niveaux agencés en puzzle où la navigation dans l'espace et les multiples changements de polarité vont très certainement vous faire suer sur vos pads. On assiste donc, tout au long des 5 niveaux à de véritables casse têtes de précision où il faudra par moments bien timer vos changements de couleur pour passer à travers des rayons très denses de bullets, absorber de grandes quantités d'énergie de même polarité pour déclencher votre super attaque.
La super attaque consiste en une série de tirs à tête chercheuse, libérés instantanément et visant en priorité les ennemis les plus proches. Très utile en combat, elle devient indispensable contre les boss de fin de niveau qui possèdent des patterns d'attaque très complexes et un temps limité pour être détruits.

Les graphismes du jeu sont tout bonnement somptueux. Une direction artistique très marquée mélange la biomécanique, l'ésotérisme et l'industriel pour donner des environnements aux tons bruns et bleus pastels qui ne parasitent pas la lisibilité du jeu. Les boss sont tout aussi uniques les uns que les autres et leur design graphique inclut la dimension spatiale qui va créer leur spécificité en terme de gameplay.
La bande son est au niveau du visuel, des thèmes épiques qui tournent autour du même refrain et collent parfaitement aux thématiques liées aux niveaux (lenteurs, accélérations), de plus, le rythme des niveaux est en synchro avec la musique ce qui rend l'ambiance encore plus accrocheuse.
L'histoire, quant à elle, reste un peu en retrait mais se positionne comme une suite directe de Radiant Silvergun, où Shinra (le héros), après le crash du Silvergun (à la fin de RS1) est recueilli dans le village d'Ikaruga où est développé un prototype de vaisseau de pointe capable d'alterner en bipolarité. Il est rejoint par Kagari, une jeune mercenaire qui se battait autrefois aux côtés de l'empire de Horai (les méchants de RS1), qui va voir son vaisseau, le Ginkei, modifié aux mêmes spécifications que l'Ikaruga pour pouvoir gérer la bipolarité.

Je pourrais encore passer des pages à vous parler d'Ikaruga, ses nombreux modes de jeu, et toutes les améliorations qu'il a connu au fil des versions dreamcast, gamecube et Xbox360 plus récemment, mais je pense que tester ce chef d'oeuvre vaut mieux que tous les longs discours. Ikaruga est un jeu somptueux, mais hardcore, qui fera fuir les casual comme de vieilles pucelles effarouchées et fera scotcher les hardcore pendant des heures pour atteindre le jeu parfait ou ronger le pad jusqu'au PCB.
Si vous avez une 360, ruez vous sur ce monument (au même titre que Rez HD), il a été refait en 720p, et a un mode réseau, pour un prix relativement bas (environ 15€). Pour ceux qui ont une Nintendo Gamecube ou une Wii, le jeu doit être encore trouvable sur ebay ou dans des boutiques spécialisées (trader, retrogameshop,...) et pour la version dreamcast, idem, mais il vous faudra mettre la main au portefeuille car la version originale se vend à prix d'or (comptez 100/150€).
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